La Compagnie Affable

Textes & Scènes de Théâtre / Dialogues de Cinéma / Séries / Littérature / Philo / Poésie…

Trouver une salle de théâtre pour jouer son spectacle à Paris !

Rideau de théâtreVous voulez jouer un spectacle à Paris, mais vous ne savez pas comment trouver un théâtre ? Voici quelques conseils et informations utiles pour trouver un lieu adapté à votre production, en évitant les difficultés financières et les désillusions !

1. Première étape : trouver une salle qui correspond à votre spectacle. 

  • Nombre de spectateurs : Ce n’est pas la peine de louer une grande salle si vous présentez un one-man-show. Pour trouver la jauge (le nombre de sièges) des théâtres, vous pouvez chercher la fiche du théâtre sur le site de l’officiel du spectacle.
  • Taille du plateau : Si votre mise en scène comporte beaucoup de décors, assurez-vous que les dimensions du plateau y sont adaptés et que la salle permet un stockage de votre décor (qui sera rangé pour accueillir le spectacle suivant). Cette information est généralement disponible sur le site du théâtre.
  • Equipement sonore et lumineux : Détail important si vous avez un dispositif lumineux ambitieux ou de gros besoins musicaux ! Cette information est généralement disponible sur le site du théâtre. 
  • Genre de la programmation : Si vous présentez une tragédie classique, n’allez pas signer dans un théâtre qui ne fait que de la comédie populaire…
  • Emplacement dans la capitale : Si un théâtre n’est pas très cher, c’est peut-être aussi qu’il n’est pas très « central »… Vérifiez bien que votre lieu est facilement accessible, ou vous en découragerez plus d’un !
  • Réputation du théâtre : Renseignez-vous auprès de compagnies qui ont déjà été programmées dans le théâtre (vous trouverez facilement leurs coordonnées sur internet, sur Facebook…). Et vous saurez assez vite si la direction vous réserve des mauvaises surprises…

2. Deuxième étape : choisir une programmation convenable

Une fois que vous avez identifié un lieu qui vous plaît sur le papier, vous pouvez contacter le responsable de la programmation afin d’en apprendre plus sur les modalités d’une éventuelle exploitation. Et vous allez découvrir… qu’il existe autant de formules différentes qu’on trouve de théâtres à Paris ! D’ailleurs, certains gérants n’hésitent pas à profiter de ce flou commercial, ainsi que de l’inexpérience et de l’enthousiasme des jeunes compagnies, pour proposer des conditions de programmation inacceptables… Voilà donc quelques informations qui vous éviteront d’être mangés tout cru ! 

A. Vous voulez jouer moins de six dates

Si vous cherchez seulement quelques dates pour un show-case, les théâtres proposent généralement une location. Ils mettent alors à disposition leur salle pour un prix fixe par représentation. Attention, les théâtres raisonnent en hors-taxe (H.T), et vous paierez un prix TTC. Pensez bien à ajouter le montant de la TVA (20%) au prix de la location H.T. En fonction du lieu, vous pourrez peut-être négocier de payer tout ou partie de la location après avoir encaissé quelques recettes. 

En outre, sachez que toutes les locations n’incluent pas les mêmes prestations : mise à disposition ou non d’un régisseur, billetterie, bar… Il est parfois bien commode de pouvoir compter sur le régisseur du lieu, assurez-vous donc que ce service est compris dans la location, ou, à défaut, qu’il n’est pas surfacturé. Pour la billetterie, en revanche, vous avez tout un tas d’options en ligne qui vous permettent une gestion indépendante (liste des spectateurs imprimable…etc.). 

B. Vous voulez jouer plus de six dates

NB : Attention, pour plus de six dates en un an, votre compagnie devra obtenir une licence d’entrepreneur de spectacles. Quand vous traiterez avec les théâtres, il faudra que cette licence soit, au minimum, en cours d’obtention. Prenez-y vous bien à l’avance, car la DRAC n’étudie les candidatures que 3 fois par an, et il faudra envoyer votre dossier complet bien en amont des dates de commission. 

Pour une programmation longue, les théâtres peuvent proposer des formules de co-réalisation qui comprennent : un partage de recettes avec ou sans minimum garanti. Mais avant de parler des conditions financières, il convient de se pencher sur quelques détails pratiques qui ont leur importance : 

  • Les créneaux disponibles : Non, tous les créneaux ne se valent pas ! Evidemment, le(s) jour(s) et horaire(s) idéaux dépendent de la nature de votre spectacle : un spectacle pour enfants peut être programmé un mercredi après-midi ou en « matinée » (c’est-à-dire, l’après-midi) le week-end ; mais si vous vous adressez aux adultes, il faut choisir un horaire de soirée qui convient à votre cible. Si 19h n’est pas gênant pour un public âgé, les jeunes actifs seront plus disponibles à partir de 20h.  Autre précaution : essayez d’avoir une programmation fixe (même jour, même horaire).
  • La fréquence hebdomadaire : Dans un premier temps, si vous avez le choix, il est préférable de jouer une ou deux dates par semaine. Il sera plus facile pour vous de remplir la salle d’une semaine à l’autre, tout en étalant la programmation sur une période assez longue pour vous permettre d’inviter des professionnels, des journalistes et de faire jouer le bouche-à-oreille. Sachez que les théâtres préfèrent vous faire signer pour plusieurs jours par semaine, tout simplement parce que ça leur rapporte plus…
  • La durée de programmation : Attention, certains exploitants n’hésitent pas à proposer une programmation sur six mois, ce qui est acceptable si vous choisissez de jouer une fois par semaine, mais parfaitement suicidaire si vous devez trouver des spectateurs tous les soirs ! Un mois ou deux, c’est déjà pas mal pour commencer.

Essayons maintenant de clarifier un peu les modalités financières proposées dans le cadre d’une co-réalisation. Dans la majorité des cas, les théâtres parisiens demandent un minimum garanti. C’est une sorte d’assurance de recettes minimum demandée par le lieu. Il s’agit d’un montant dû pour chaque représentation, et ce, quels que soient le nombre de spectateurs et les recettes atteints par votre pièce. Il arrive que certains théâtres ne demandent le paiement du minimum garanti qu’à hauteur des recettes réelles (si les recettes n’atteignent pas le montant du minimum garanti, le théâtre ne gardera que le montant des recettes), mais c’est rare. Et, même dans ce cas, faites bien attention ! Car souvent, le théâtre ne considère pas les recettes date par date, mais il calcule le total des recettes du mois : si ce montant atteint au moins la somme des minimums garantis dûs sur la période, vous paierez alors plein pot pour chaque représentation (même si, date par date, vous n’avez pas toujours atteint seuil du minimum garanti). Vérifiez donc bien la méthode de calcul du minimum garanti !

Surtout, ne vous engagez pas si votre compagnie ne peut assurer le paiement des minimums garantis ! En jouant plusieurs fois par semaine, la somme peut vite atteindre un chiffre énorme ! D’ailleurs, vous le verrez tout de suite, puisque la plupart des théâtres demandent un acompte, correspondant souvent au total des minimums garantis dû pour le premier mois d’exploitation. Dans ce cas, la compagnie devra donc avoir suffisamment de trésorerie au départ (ex : pour un minimum garanti de 300 € TTC et 4 dates par semaines, vous devrez peut-être avancer 4800 €). En fonction du lieu, vous pourrez peut-être négocier de ne payer qu’une partie de l’acompte demandé. 

Après ce premier acompte, les lieux retiennent ensuite le montant des minimums garantis sur les recettes générées par le spectacle. Mais, attention, cela ne veut pas dire que vous n’aurez rien à payer à la fin du mois ! Car si le montant total des recettes du mois est inférieure à la somme des minimums garantis, la compagnie devra verser au théâtre la différence ! (Sauf si, le théâtre calcule date par date, et ne retient que le montant des recettes réelles, comme expliqué ci-dessus.) 

Dans la majorité des cas, le minimum garanti est assorti d’un partage des recettes. Exemple : les premiers 200 € de recettes vont au théâtre, au titre du minimum garanti, et, au-delà de 200 € de recettes, le théâtre récupère 70%, et la compagnie 30%. Bien qu’il n’y ait pas de règles en la matière, on devrait normalement avoir le mouvement suivant : plus le minimum garanti est bas (plus le théâtre prend de risques financiers), plus la part des recettes réservée au théâtre sera élevée. Et inversement. En toute logique, le montant du minimum garanti devrait être inférieur au montant d’une location.

Parfois, le partage s’effectue avec deux minimums garantis : un premier montant est réservé au théâtre, un second pour la compagnie, et au-delà de la somme de ces deux minimums garantis, on fait un partage des recettes selon un certain pourcentage. Exemple : les premiers 200 € de recettes vont au théâtre, puis les 200 € suivants vont à la compagnie, et, au-delà de 400 € de recettes, le théâtre récupère 60%, et la compagnie 40%. 

Certains lieux, mais c’est très rare à Paris, ne vous demandent pas de minimum garanti. Ils effectuent un partage des recettes à l’issue des représentations. Ex : 50% pour le lieu, et 50% pour la compagnie. C’est évidemment le fonctionnement le plus commode pour les petits producteurs, puisqu’ils n’ont rien à avancer. Mais c’est aussi une grosse prise de risques pour le théâtre. Et on ne retrouve la formule du 50/50 que dans des lieux gérés par des passionnés !

Enfin, certains lieux peuvent demander à la compagnie un investissement publicitaire minimum, ou, a contrario, assurer des dépenses de communication (bannière BilletReduc, affiches dans le métro…). Mais, en général, quand le lieu engage une dépense, cela se ressent dans le montant du minimum garanti et/ou dans le partage des recettes, car on n’a rien sans rien…

Vous voyez qu’avec cette offre parisienne abondante et peu transparente, il est plus sage de contacter plusieurs théâtres et de faire des simulations financières comparées, en gardant bien à l’esprit les atouts des créneaux et des lieux proposés. Encore une fois, ne vous précipitez pas avant de signer : les exploitants de salles peu scrupuleux se nourrissent de votre impatience… ! M**** à vous !

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 5 novembre 2018 par dans Théâtre, et est taguée , , , , , .

Découvrez mon livre !

DLFAB
%d blogueurs aiment cette page :