La Compagnie Affable

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Lettre d’adieu aux hedge funds

Image du film Margin Call (2012).

La fameuse crise des subprime n’a pas poussé tous les financiers à la faillite. C’est ce que nous explique l’économiste Gaël Giraud dans son livre Illusion financière. Certains, en pariant sur l’effondrement de cette pyramide de crédits pourris, ont même remporté des gains colossaux. C’est le cas d’Andrew Lahde, patron d’un fonds spéculatif (hedge fund), qui réalise alors un profit de 870%, et publie dans le Financial Times une lettre d’adieu, brocardant tous les riches crétins qui lui ont permis de faire ainsi fortune…

« Aujourd’hui, je n’écris pas pour me réjouir, […] j’écris pour vous dire adieu. […] Tout ce que j’ai appris sur le business des hedge funds, c’est que j’en ai horreur. […] J’y suis venu pour l’argent facile, c’est vrai ; les fruits n’attendaient plus que d’être cueillis… Et je vous parle là de tous ces idiots à qui papa-maman ont payé une prépa, Yale, puis un MBA à Harvard. Ces gens indignes (souvent) de l’éducation qu’ils ont reçue (en principe) qui sont parvenus au sommet d’entreprises comme AIG, Bear Stearns, Lehman Brothers, ainsi qu’à tous les niveaux de notre gouvernement. Ce système de reproduction aristocratique n’est parvenu qu’à un seul résultat : fabriquer assez de pigeons pour faciliter mes transactions. Dieu bénisse l’Amérique.
[…] J’ai décidé de ne plus gérer de l’argent pour d’autres […]. La gestion de ma propre fortune me suffit. Certains […] seront peut-être surpris que je m’arrête avec un si maigre butin. Mais ça me va […]. Je cède ma place à d’autres, qui pourront viser des sommes à neuf, dix ou onze chiffres. Je les laisse avoir une vie minable. Avec leurs réunions à flux tendu, leur agenda rempli pour trois mois, et leurs deux semaines de vacances annuelles, qu’ils passeront le nez collé sur leurs petits écrans. Tout ça pour quoi… ? De toute façon, dans cinquante ans, tout le monde aura oublié leur nom. Les Steve Ballmer, les Steven Cohen, les Larry Ellison… tous oubliés ! Je ne comprends vraiment pas ce désir de postérité… Tout le monde finira aux oubliettes… Alors laissez tomber vos rêves de gloire. Débarrassez-vous de votre Blackberry et profitez de la vie. […] »

Extrait de la lettre d’Andrew Lahde publiée dans le Financial Times le 17 octobre 2008 (version intégrale en anglais : ici), cité par Gaël Giraud dans Illusion financière, L’Atelier en poche, p. 75-76. Vous pouvez commander le livre Illusion financière dans une librairie proche de chez vous sur ces liens : Lalibrairie / Leslibraires / Placedeslibraires.

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Cette entrée a été publiée le 6 octobre 2020 par dans Humeur, et est taguée , , , , , , , .
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