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Three Billboards de Martin McDonagh : la lettre de Willoughby à sa femme

Three Billboards Outside Ebbing Missouri Martin McDonagh Woody Harrelson Frances McDormand

Woody Harrelson (Bill Willoughby) et Frances McDormand (Mildred Hayes) dans Three Billboards de Martin McDonagh (2017).

Ebbing, Missouri. Il y a quelques mois, une jeune femme a été assassinée dans des circonstances atroces, et la police locale n’a pas réussi à mettre la main sur le meurtrier. La mère de la victime, Mildred Hayes (Frances McDormand), imagine de faire pression sur l’Inspecteur Willoughby (Woody Harrelson), en lui adressant un message fort, affiché sur trois panneaux publicitaires à l’entrée de la ville. Seulement, Bill est un homme très respecté, et la rumeur dit qu’il serait atteint d’un cancer incurable. L’entreprise de justice de Mildred va lui attirer l’ire de ses voisins. Surtout après le suicide de Willoughby…

Voici la lettre magnifique que l’Inspecteur laisse à sa femme :

My Darling Anne,

There’s a longer letter in the dresser drawer I’ve been writing for the last week or so. That one covers us. And my memories of us, to know hnow much I’ve always loved you. This one just covers tonight. And more importantly today.
Tonight, I’ve gone out to the horses to end it. I cannot say sorry for the act itself. Although I know that for a short time you will be angry at me. Or even hate me for it. Please don’t. This is not a case of ‘I came in this world alone and I’m going out of it alone’, or anything dumb like that. I did not come in this world alone, my mum was there. And I’m going out of it alone, ’cause you were there, drunk on the couch, making Oscar Wilde cock jokes.
Now, this is a case -in some senses- of bravery. Not the bravery of facing a bullet down. The next few months of pain would be far harder than that small flash. No, it’s the bravery of weighing up the next few months of still being with you, still waking up with you, of playing with the kids, against the next few months of seeing in your eyes how much my pain is killing you, how my weakened body as it ebbs away and you tend to it are your final and lasting memories of me.
I won’t have that. Your final memories of me would be us at the riverside, and that dumb fishing game that I think they cheated at. And me inside of you, and you on top of me. And barely a fleeting thought of the darkness yet to come.
That was the best, Anne, a whole day of not thinking about it. Dwell on this day, baby, ’cause it was the best day of my life. Kiss the girls for me. And know that I’ve always loved you. And maybe I’ll see you again if there’s another place. And if there ain’t, well, it’s been heaven knowing you.

Your Boy

Bill

(traduction en français à venir)

Court monologue pour un homme extrait de Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (Les Panneaux de la vengeance) réalisé par Martin McDonagh. Voir notre liste de textes et de scènes issus du théâtre, du cinéma et de la littérature (pour une audition, pour le travail ou pour le plaisir)

2 commentaires sur “Three Billboards de Martin McDonagh : la lettre de Willoughby à sa femme

  1. Christian Rabaté
    14 février 2018

    Proposition (améliorable !) de traduction : Anne, Ma Chérie,
    Il y a une plus longue lettre dans le tiroir de la commode, que je t’ai écrite au cours de cette dernière semaine. Celle-là parle de nous. Et des souvenirs que j’ai de nous, pour que tu saches combien je t’ai toujours aimée. Celle-ci parle de cette nuit. Et plus important encore, d’aujourd’hui. Ce soir, je suis sorti voir nos chevaux… et en finir. Je ne peux pas demander pardon pour l’acte en lui-même. Bien que je sache que pendant un court moment tu seras fâchée contre moi. Ou même que tu me haïra pour cela. Je t’en prie, …non. Il ne s’agit pas d’une sorte de : « Je suis arrivé dans ce monde seul et j’en repars seul » ou d’une quelconque stupidité de ce genre. Je ne suis pas entré dans ce monde seul, ma maman était là. Et je ne m’en vais pas seul, puisque tu étais là, ivre dans le canapé, à faire des blagues de cul d’Oscar Wilde. En réalité, il s’agit, d’une certaine façon, d’un acte de courage. Pas le courage de faire face à une balle. Les prochains mois de souffrances seraient bien plus durs que ce petit éclair. Non, c’est le courage de mettre dans la balance, d’un côté les quelques prochains mois à être encore avec toi, à me réveiller encore avec toi, à jouer avec les enfants, et de l’autre, les quelques prochains mois à voir dans tes yeux combien ma souffrance te tue à petit feu, combien mon corps affaibli à mesure qu’il s’éloigne et que toi aussi tu t’épuises sont les derniers souvenirs que tu garderas longtemps de moi. De cela je ne veux pas. Je souhaite que tes derniers souvenirs de moi soient ceux de nous près de la rivière, et ce jeu de pêche idiot auquel je crois elles ont triché (NDLR : leurs deux petites filles). Et moi à l’intérieur de toi, et toi au-dessus de moi. Et à peine une pensée fugace de l’obscurité … encore à venir. C’était là le meilleur, Anne, toute une journée à ne pas y penser du tout. Repense sans cesse à cette journée, mon amour, parce que cela a été la meilleure journée de ma vie. Embrasse les filles pour moi. Et sache que je t’ai toujours aimée. Et peut-être que je te reverrai, s’il y a un ailleurs…. Et s’il n’y en a pas, eh bien, ça aura été le paradis que de te rencontrer.
    Ton homme.
    Bill

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  2. Christian Rabaté
    14 février 2018

    tu me haïraS !!!

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