La Compagnie Affable

Textes & Scènes de Théâtre / Dialogues de Cinéma / Séries / Littérature / Philo / Poésie…

Annie Hall de Woody Allen : monologue d’Alvy

Woody Allen Annie Hall

Woody Allen (Alvy) dans le film Annie Hall.

Dans ce monologue d’ouverture, Alvy (Woody Allen) nous expose avec humour ses sentiments sur la vie et sur la vieillesse… (Le texte original en anglais est suivi de l’extrait vidéo et d’une traduction en français.)

Version originale

ALVY: There’s an old joke. Uh, two elderly women are at a Catskills mountain resort, and one of ’em says: « Boy, the food at this place is really terrible. » The other one says, « Yeah, I know, and such … small portions. » Well, that’s essentially how I feel about life. Full of loneliness and misery and suffering and unhappiness, and it’s all over much too quickly. The-the other important joke for me is one that’s, uh, usually attributed to Groucho Marx, but I think it appears originally in Freud’s wit and its relation to the unconscious. And it goes like this-I’m paraphrasing: Uh … « I would never wanna belong to any club that would have someone like me for a member. » That’s the key joke of my adult life in terms of my relationships with women. Tsch, you know, lately the strangest things have been going through my mind, ’cause I turned forty, tsch, and I guess I’m going through a life crisis or something, I don’t know. I, uh … and I’m not worried about aging. I’m not one o’ those characters, you know. Although I’m balding slightly on top, that’s about the worst you can say about me. I, uh, I think I’m gonna get better as I get older, you know? I think I’m gonna be the-the balding virile type, you know, as opposed to say the, uh, distinguished gray, for instance, you know? ‘Less I’m neither o’ those two. Unless I’m one o’ those guys with saliva dribbling out of his mouth who wanders into a cafeteria with a shopping bag screaming about socialism.

Version française

ALVY. – Vous connaissez cette blague… ? C’est deux vieilles dames qui sont dans une une station de ski des Vosges, et y’en a une qui dit : « Et ben, on peut pas dire qu’on se régale ici !… » Et l’autre lui répond : « Ah ça, m’en parle pas !… Et puis les portions sont tellement riquiqui ! » Hé bien, voilà mon sentiment général sur la vie… Pour moi, la vie est une succession de malheurs, de souffrances solitaires, d’immenses frustrations, et tout cela s’arrête beaucoup trop tôt… Il y a une autre blague comme ça, qui définit assez bien ma philosophie… On l’attribue généralement à Groucho Marx, mais je crois qu’on la doit d’abord à Freud, et ses réflexions sur l’inconscient… Je paraphrase, hein, mais ça donne à peu près ça… « Il ne me viendrait jamais à l’idée de rejoindre un club, qui ouvrirait ses portes à quelqu’un comme moi. » Celle-ci vous permettra de comprendre pourquoi j’ai des relations difficiles avec les femmes… C’est drôle, depuis quelque temps, je suis traversé par tout un tas de pensées bizarres… Peut-être parce que je viens d’avoir quarante ans, j’en sais rien… Et pourtant… J’ai pas peur de vieillir… Non, c’est pas mon genre… Je commence légèrement à me dégarnir, c’est vrai… Mais ça pourrait être pire… Non, au contraire, je pense que je vais me bonifier avec l’âge, vous voyez ce que je veux dire ? Je crois que la calvitie va me donner une allure vraiment virile… Pas comme ces types qui grisonnent… avec élégance… vous savez… ? Bon, après, si ça se trouve, ce sera ni l’un ni l’autre… Et peut-être que je tomberai dans une troisième catégorie… Celle des papys baveux – toujours un petit filet au coin de la bouche –, qui traînent la savate dans les supérettes, en dissertant à voix haute sur les conséquences de l’immigration…

Monologue pour un homme en pleine crise de la quarantaine, extrait du film Annie Hall, de et avec Woody Allen. Traduction libre de Valentin Martinie. N’oubliez pas qu’il est impossible de travailler un texte sans l’œuvre complète.

→ Voir aussi notre liste de textes et de scènes issus du théâtre, du cinéma et de la littérature (pour une audition, pour le travail ou pour le plaisir)

Un commentaire sur “Annie Hall de Woody Allen : monologue d’Alvy

  1. thenorthwalescritic
    31 mars 2020

    My latest film review if you fancy reading. Welcome to follow for more. https://monthlycritic.wordpress.com/2020/03/30/system-crasher/

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :